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Santé Mentale en Périnatalité

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La dépression du Post-Partum

La période suivant l’accouchement plus connue sous le nom de post-partum, ressemble pour beaucoup à une plongée dans l’inconnu. L’arrivée d’un bébé est parfois vécue comme un véritable bouleversement, très éloigné de ce que peuvent décrire notre société ou les médias actuels.

De multiples changements prennent place lorsque l’on devient parent. Entre le 3ème et 10ème jour suivant la naissance de l’enfant, 60 à 70% des jeunes accouchées font face à ce l’on nomme le « Baby Blues ». Souvent accentuée par un manque de sommeil, il se manifeste de différentes façons : sentiment de tristesse, se mettre à pleurer sans en comprendre la raison, être constamment inquiète, … cette période surgit généralement pendant les deux premières semaines du post-partum et finit par disparaître pour laisser place à un certain apaisement.

Parfois, ces signes de mal être s’accentuent et durent dans le temps : pleurs quotidiens, sentiment d’épuisement, anxiété, perte d’estime en ses capacités maternelles, irritabilité, difficultés d’endormissement, perte d’appétit ou encore une perte de plaisir à prodiguer les soins de bébé. Ces manifestations émotionnelles touchent entre 10 et 20% des mamans. C’est ce que l’on nomme la dépression postnatale (DPN).

La DPN peut être précoce et apparaitre entre 6 et 12 semaines après l’accouchement. Elle peut être aussi tardive avec les premiers signes qui se manifestent alors au second semestre.

Santé mentale
A qui en parler ?

La maman peut se rapprocher de plusieurs professionnels de santé ou associations pour un premier contact :

  • Le médecin généraliste qui est souvent le premier interlocuteur pour les problèmes de santé. Il est en capacité de poser un premier diagnostic afin de proposer un traitement/accompagnement adapté,
  • La sage-femme qui a suivi la maman tout au long de sa grossesse ; la sage-femme qui s’est occupée du suivi post-natal,
  • Les services de PMI qui accompagnent les mamans avant mais aussi après la naissance de l’enfant. Les sages-femmes et puéricultrices sont à l’écoute et peuvent se déplacer à domicile au besoin,
  • Le gynécologue qui a participé au parcours de grossesse, à l’accouchement ou suivi post-natal,
  • La maternité dans laquelle la maman a séjourné ou celle proche du domicile,
  • Le/La pédiatre qui effectue le suivi de l’enfant,
  • Un psychologue ou psychiatre que la maman aura choisi ou vers qui un professionnel pourra l’orienter,
  • L’association Maman Blues à but non thérapeutique propose soutien, échange et informations autour de la difficulté maternelle : http://www.maman-blues.fr/
  • L’association enfance & partage – https://enfance-et-partage.org/
  • Numéro Vert « Allo Parents bébé » d’aide et de soutien à la parentalité. Il a pour mission d’écouter, de soutenir et d’orienter les parents inquiets dès la grossesse : 0800 00 3456 (service & appel gratuit).

   Le 3114 qui permet aux personnes en détresse psychologique d’échanger et de trouver une réponse adaptée auprès de professionnels de la psychiatrie et de la santé mentale (psychiatres, infirmiers spécialisés et psychologues). C’est un numéro de téléphone gratuit, accessible 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7.

Quel moment pour en parler ?

Plusieurs temps forts avant ou après la naissance de l’enfant permettent à la maman de libérer la parole et permettre les échanges :

  • Lors du bilan prénatal. Il est organisé pendant la grossesse et permet d’organiser la sortie de maternité. C’est le moment idéal pour rencontrer une sage-femme qui viendra au domicile à la sortie de maternité. C’est un moment de partage pendant lequel la maman peut exprimer ses craintes ou interrogations sur la gestion des émotions de la période post-natale.
  • L’Entretien Prénatal Personnalisé (EPP) est un moment d’écoute, d’échange et d’information autour de la grossesse, de l’accouchement et de l’arrivée de l’enfant. Lui aussi, est organisé pendant la grossesse. Il ne s’agit pas d’un examen médical. Il est organisé le plus tôt possible après la déclaration de grossesse avec le professionnel de son choix (sage-femme, médecin généraliste ou gynécologue).
  • Pendant le séjour en maternité. La maman peut faire part de son ressenti au personnel soignant ou demander à voir un spécialiste thérapeute/psychiatre/psychologue, si la maternité en dispose.
  • Lors des visites de suivi post-natale. Après la naissance, il est possible de bénéficier du suivi d’une sage-femme libérale ou de PMI. Dans les 12 jours qui suivent la naissance, ce suivi post-natal à domicile est pris en charge à 100% par la sécurité sociale mais elles ne sont proposées qu’aux femmes affiliées à une CPAM. Au-delà des 12 jours, la prise en charge est de 70%. Ces séances sont l’occasion d’exprimer les difficultés rencontrées et de faire part de son état émotionnel actuel.
  • Lors de la consultation post-natale obligatoire qui doit être effectuée dans les 6 à 8 semaines qui suivent l’accouchement. Elle peut être réalisée par un médecin généraliste, gynécologue ou par une sage-femme. Il s’agit avant tout de faire un bilan gynécologique après l’accouchement mais le professionnel de santé sera en mesure de prendre en charge la maman qui manifestera son envie d’échanger sur son état émotionnel.
  • Lors des premières consultations de l’enfant chez le pédiatre ou le médecin traitant. Si la maman se sent plus à l’aise avec l’un de ces professionnels, elle peut engager un premier échange sur son état émotionnel actuel.
  • Lors d’une consultation chez le médecin traitant.
Le rôle de l’entourage

Cette expérience inattendue et difficile à vivre pour la maman peut l’être également pour le co-parent. De manière générale, la dépression est perturbante et incompréhensible pour l’entourage qui ne l’a pas vécu lui-même.

Les proches ne sont pas en mesure de se substituer aux professionnels de santé mais peuvent jouer un rôle essentiel pour accompagner et soutenir la maman en souffrance :

En étant à l’écoute et attentif aux signes de dépression post-natale précédemment cités,

En accompagnant et orientant la maman vers un professionnel de santé pour une première consultation,

En soutenant la maman dans le quotidien : permettre à la maman de se reposer, aide dans les tâches quotidiennes, dialoguer, rendre visite, proposer une balade, …

En indiquant à la maman que vous êtes présent si elle a besoin de vous à ses côtés.

La Psychose Puerpérale

Dans les 15 jours qui suivent l’accouchement, peut aussi s’installer ce que l’on nomme « la psychose puerpérale ». Il s’agit d’une pathologie rare (3/1000 naissances) qui touche principalement les mamans qui vivent une première grossesse (70% des cas) et s’apparente à un « chaos émotionnel » pour la maman. Elle peut parfois être confondue avec le Baby blues au vu des premiers symptômes. Cependant, au fil des jours, les signes s’accentuent : une perte totale de sommeil ; une phase de confusion notamment spatio-temporelle (pertes de mémoire, être perdue dans le temps et dans l’espace, agitation, panique,…) ; des troubles de la perception sensorielle en naviguant d’un état dit « normal » et des hallucinations auditives et visuelles ; excitation ; propos incohérents,…

Lorsque des signes de psychose puerpérale se manifestent, il est indispensable de faire le diagnostic le plus précocement possible afin de prendre en charge le couple mère/bébé dans les meilleures conditions.

Il n’est pas toujours évident de parler de ses émotions sans culpabilité. Le partage et la communication avec son entourage peuvent parfois être la clé pour se sentir mieux. Parallèlement, les professionnels de santé restent disponibles et à l’écoute pour poser un diagnostic et prévoir, si la maman le souhaite, un accompagnement personnalisé.

Même si cela demande de faire preuve de beaucoup de courage et que cela semble difficile, il est important de faire confiance en la famille, les amis, un confident et/ou le corps médical et d’accepter de se faire aider.